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28/06/2013

Chauffeuses, sièges d'enfant, prie Dieu... l'avènement des sièges bas

Bonjour à tous,

une acquisition récente me permet de me pencher sur un type de siège suscitant régulièrement l'engouement des amateurs, puisque je vais aborder le sujet des sièges bas dit "en chauffeuse ".

Le sujet est très vaste, je vais donc dans un premier temps en dégrossir les grandes lignes, l'occasion se présentera ultérieurement de développer plus en détail le sujet.

La découverte :

En correspondant avec un collectionneur désireux de se séparer d'une partie de ses sièges, j'ai fais une heureuse découverte. En effet, parti pour acheter sur photos trois chaises d'époque Directoire, je suis revenu avec ceci.

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En guise de chaises, je venais de me porter acquéreur d'une paire de chauffeuses, et d'une chaise d'enfant. Cette occasion va me permettre de vous présenter et de différencier ce type de sièges.

Définitions :

Tout d'abord, revenons sur la notion de " chauffeuse ".

On appelle " chauffeuse " un siège ( chaise, fauteuil ou bergère ) que l'on plaçait devant la cheminée afin de se chauffer, tout simplement. Ce type de siège fut également appelé à l'origine " coin de feu " ( terme plus volontiers réservé aux sièges Régence et début Louis XV, à assise large et basse ) .

Il s'agit donc là d'un siège de confort, destiné à un usage particulier. De ce fait, il s'agit d'un meuble beaucoup plus rare qu'un siège traditionnel car, s'il est courant de voir des séries de chaises ou de fauteuils, il est exceptionnel de trouver plus de deux sièges en chauffeuse. Ceci s'explique par le fait que ce siège, destiné à être positionné devant l'âtre, ne pouvait être placé ailleurs en raison de sa vocation première, et était donc présent dans les habitations en nombre restreint.

Il est maintenant intéressant de savoir ce qui distingue un siège en chauffeuse d'un autre siège. Ce qui frappe immédiatement sur ce type de mobilier est l'aspect bas de l'assise. En effet, pour que les pieds des usagers se situent à hauteur de foyer, tout en restant confortables, il a été nécessaire d'abaisser la hauteur de l'assise, et, par conséquent, de diminuer la hauteur des pieds. Ceux ci sont donc plus trapus. Sans entrer dans des propos trop empiriques, on peut considérer que l'on est en présence d'un siège en chauffeuse lorsque la hauteur de l'assise ne dépasse pas 30 cm ( dimension prise du bas des pieds en haut de l'assise, garniture et couverture comprise ).

Afin d'augmenter le confort, l'assise est plus large ( 5 à 10 cm au minimum par rapport à un siège du même modèle ), et le dossier plus haut ( excepté pour les sièges régence et début Louis XV ) et légèrement incliné. Cette différence se remarque à l'oeil nu, car le siège est disproportionné comparé à un siège traditionnel.

En résumé, si votre siège est bas d'assise

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qu'il a des petits pieds

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et un dossier haut et incliné

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 alors vous êtes en présence d'un siège en chauffeuse ( félicitatons ! ).

Pourquoi tand d'engouement me direz vous ? Et bien simplement parce que ces sièges, comme je l'ai exposé plus haut, sont bien plus rares dans les intérieurs du XVIII èmeque les autres sièges. De plus, il s'agit là de sièges de confort. La rareté étant associé à la commodité en font des pièces très recherchées.

Ainsi, les bergères basses et les fauteuils coins de feu atteignent des prix de haut niveau régulièrement.

 

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Un siège d'enfant est quant à lui bas d'assise puisqu'en rapport avec la taille de son usager. Pas de différence avec la chauffeuse jusque là. Cependant, un siège d'enfant conserve des proportions et des volumes à l'échelle, et l'on n'observe donc pas de disproportions au niveau du dossier, de l'assise ou des pieds.

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De ce fait, lorque l'on se trouve face ce type de siège, l'impression est qu'il s'agit d'un siège miniaturisé, les calibres utilisés étant tous proportionnés les uns par rapport aux autres.

Méfiance donc lorsque le proportions ne sont pas respectées, car vous êtes face à un siège transformé !

 

Enfin, un petit mot concernant les prie Dieu. Ils se distinguent aisément des deux catégories précédentes pour deux raisons : d'une part l'assise est basse et parfois inclinée vers l'avant, d'autre part ils possèdent une manchette sur la partie supérieure du dossier. Ces aménagements ont été apportés afin que le fidèle puisse s'agenouiller et se relever plus aisément, et puissent poser les coudes sur le dossier.

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Attention à ne pas confondre avec les voyelles ( ou ponteuses ), destinées au jeu, et dont l'assise est à hauteur traditionnelle.

 

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Voilà, j'espère avoir en quelques lignes dégrossi le sujet. N'hésitez pas à me faire part de vos réactions.

Bonnes trouvailles ! 

03/02/2013

Barbotine identifiée !

Grâce à l'oeil averti d'un antiquaire de ma région, actuellement en déplacement au salon du Luxembourg, je suis parvenu à déterminer l'origine du bassin objet de la note publiée le 21 juin 2012. Je vous joins pour mémoire le cliché du bassin en question.

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Lors du salon précédemment cité, ce professionnel est " tombé " sur un ouvrage consacré à la faïencerie de Sarreguemines, sur la couverture duquel figurait un modèle en partie identique au mien.

L'ouvrage s'intitule " La faïencerie de SARREGUEMINES " de M. Alain BENEDICK ( antiquaire spécialisé dans les productions de SARREGUEMINES) aux éditions ABM.

 

Comme vous pouvez le constater, les modèles sont proches . 

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Crédit photographique : © Christian Thévenin ( cliché publié avec l'aimable autorisation )

Collection du Musée de la Faïence de Sarreguemines.

Une visite sur le site officiel du musée de la faïencerie : http://www.sarreguemines-museum.com/ m'a appris que la pièce en question est un surtout de table. Entrée dans les collections du musée en 2007, cette pièce est remarquable par sa taille, peu fréquente pour les pièces issues de cette faïencerie, et par les prouesses techniques utilisées pour fixer les couleurs.

Une vidéo est également accessible sur le site, en suivant le chemin suivant : collections/oeuvres à la loupe/archives 2007/ Octobre 2077 : les acquisitions 2007.

Une autre visite dans la base de données JOCONDE ( inventaire des musées nationaux ) : http://www.culture.gouv.fr/documentation/joconde/fr/pres.... m'a permis d'avoir accès à la notice descriptive de ce milieu de table ( notice 1530 - Inventaire n° 2007-28 du musée de la faïencerie de SARREGUEMINES ) . Ainsi, j'ai appris notamment qu'il s'agit là d'une pièce en majolique créée entre 1875 et 1880 d'après le peintre et graveur FRANCOIS Hilaire Felix, employé de la faïencerie.

Je n'ai trouvé aucune mention d'un surtout avec un pied en bronze pour soutenir la coupe, pas plus que d'une notion de tirage ou d'historique sur ces pièces.

Les deux sytèmes de fixation de la coupe au pied sont différents.Ceci laisse supposer que plusieurs variantes de cette coupe aient pu être commercialisées, plus ou moins complexes au montage selon leur destination, ou le budget des éventuels acquéreurs. Il m'est impossible d'en savoir plus à ce sujet, et notamment si l'une des versions est antérieure à l'autre. Quoiqu'il en soit, le pied en bronze sur lequel repose la coupe du bassin en ma possession est parfaitement d'origine, comme en témoigne le montage. Il ne peut en aucun cas s'agir d'une ré-adaptation ou d'un remontage.

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Je poursuis donc mes investigations concernant cette très belle pièce, et envisage de contacter le musée dès la semaine prochaine pour essayer d'avoir de plus amples informations sur cette majolique.

Il me faudra également identifier la signature du bassin ( ci-dessous ), que je n'ai pu déchiffrer, et qui est peut être celle de FRANCOIS Hilaire. N'ayant pas trouvé de fac simile de cette dernière, la question reste ouverte.

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Je vous aviserai de l'évolution de ces recherches, et vous invite à aller découvrir les collections du musée de SARREGUEMINES. Je peux vous assurer qu'une fois la visite commencée, on ne peut s'arrêter tand les pièces sont merveilleuses et variées, et l'univers coloré. De quoi convaincre les plus réfractaires !

Bon week end !

 

28/10/2010

Un fauteuil de bureau à assise tournante d'époque Louis XVI

Je vous présente un siège rare, puisqu'il s'agit d'un fauteuil de bureau à assise tournante d'époque Louis XVI. Cherchant ce type de fauteuil depuis plusieurs années, j'ai donc été marqué par le passage de celui ci en vente publique la semaine dernière.

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Ce siège, en noyer, est recouvert d'un cuir de couleur havane réhaussé d'une vignette dorée à l'or fin apposée à chaud.

L'assise circulaire repose sur quatre pieds cannelés et rudentés à pointe d'asperge. Les dés de raccordement sont sculptés d'une marguerite. La ceinture est quant à elle ornée d'une frise de rais de coeur.

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Le dossier en gondole, est prolongé par accotoirs cannelés à nez volutés .

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Le fauteuil est composé de deux parties principales. La première englobe le piètement et la ceinture, fixes. La seconde est composée de l'assise, du dossier et des accotoirs. Cette dernière est mobile, et tourne autour de la ceinture.

Cecic est rendu possible par un système de galets ( sortes de petites roulettes ), fixés sous l'assise. Ils viennent se poser dans une gorge creusée dans le haut de la ceinture, dont le fond est muni de lamelles d'acier. Le galets peuvent ainsi tourner dans la gorge sans user le bois. L'ensemble de ce système et maintenu en place par une vis traversant la ceinture, et venant se fixer sur une traverse placée sous l'assise.

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Les fauteuils de bureau d'époque Louis XVI à assise tournante sont rares et onéreux; on trouve plus facilement des fauteuils à asise fixe, souvent cannés, datant de cette époque. Vous croiserez également plus fréquement des sièges du style Louis XV ou des fauteuils de cabinet Régence.

Notre fauteuil a subi plusieures restaurations notables : tenons arasant la ceinture, équerres, et surtout pieds recoupés. En effet, si vous regardez en détail l'extrêmité de ceux-ci, vous vous apercevrez que les chandelles ( bouts de pieds ) sont grossières, et jurent avec le reste , ce qui indique qu'elles ont été refaites. Plus grave, on observe que les asperges rudentées sont courtes, et ne comportent que la tête de l'asperge et un annelet. Ceci montre que chaque pied a été coupé sur 3 cm au moins, les asperges étant composées d'au minimum 3 annelets. Il manque donc environ 5/6 cm de bois ancien.Ces dégats sont expliquable par le fait que, plus que pour tout autre siège, ce type de fauteuil était soumis à de nombreuses contraintes, expliquant les usures et cassures fréquentes ayant entraîné des restaurations fréquentes.

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A titre d'anecdote j'ai vu, ce mois ci, dans les ateliers d'un ébéniste de ma région, un modèle de CANABAS en acajou, à l'intérieur du piétement duquel on avait ajouté une croix en fer forgé, de manière à empêcher les pieds de bouger, et les rendant solidaires. Cette croix, datant du XVIIIème, avait donc été installée peu de temps après la naissance du siège, ce qui montre bien son extrême fragilité !

Quoiqu'il en soit, notre très beau siège, malgré son état, a tout de même été vendu 3840 euros frais inclus, sur une estimation ( modeste, compte tenu de son état ) de 6/1000 euros. Ceci montre bien l'intérêt suscité par de type de mobilier de rare, de qualité, et convenant parfaitement à usage moderne et quotidien.

Un siège de ce modèle en bon état se négocie aux environs de 4/5000 euros. Les modèles plus rares, avec un dossier cannés recouvert d'un cuir, et/ou en acajou, à l'image de certaines crétaions de CANABAS ou de JACOB, peuvent voir leur prix moyens attaindre 10/15 000 euros. 

A tire d'exemple, je vous citerai un modèle en hêtre à entretoise portant l'estampille de BOULARD vendu 4700 euros en décembre 2009 ( dossier en gondole et accotoirs recouverts postérieurement de cuir, ces derniers devant être à l'origine respectivement cannés et gainés, et à bois nu pour les nez et les consoles d'accotoirs ).

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Un autre modèle, plus connu, est celui de Geoges JACOB à pied en consoles, modèle se négociant 10/15000 euros pour une variante classique, bien au delà pour un modèle plus travaillé.

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Enfin, comment ne pas citer ce superbe modèle de DELANOIS en bois doré, invendu à PARIS en Octobre dernier, estimé 35/40 000 euros.

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30/06/2010

Coup de gueule contre certaines pratiques des salles des ventes.

Au travers de cette note, je pousse un vrai " coup de gueule " ( ce qui est rare de ma part ) contre certaines pratiques des commissaires priseurs. Je vous laisse juger la raison de mon courroux.

Dans une vente cataloguée ( je dis bien cataloguée, ce qu'il est important de retenir, car la responsabilité de divers intervenants est engagée dans ce cas ), j'avais repéré une commode d'époque Louis XV tout à fait atypique, qui m'intéressait bien.

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Présentée comme étant un travail du dauphinois, elle était en placage de bois de bout ( chant du plateau ) et bois indigène, certainement du frêne et du noyer. Cette commode avait comme particularités une singulière ornementation de bronze ( mufles de lion, sabots fendus, feuillage et ce que je pense être des ailes de chauve souris ) et une petite taille ( 98 cm ) . Renseignements pris auprès de l'étude proposant ce meuble, on m'apprit que les sabots de la commode étaient du même modèle que ceux utilisés par la dynastie des HACHE à GRENOBLE.

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Cependant, cette commode ne leur était pas attribuée, ce qui m'a paru étrange. Elle présentait en revanche bien des atouts malgré son état épouvantable . En effet, sa remise en état nécessitait un complet déplacage et un replacage intégral du plateau, cette dernière partie ayant été anciennement remplacée par un cuir.

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Après de minutieuses recherches, je n'ai trouvé aucun meuble proche exécuté par les HACHE. Je n'ai pas réussi à savoir de quel bois était fait le bâti, ce qui aurait pu constituer un indice important pour identifier une origine géographique. Certaines caractéristiques ( galbe, placage, bronzes prolifiques ), m'ont permis de m'orienter vers un travail étranger, très certainement italien, ce qui change beaucoup de choses quant à la valeur de ce meuble.

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Estimé 5/6000 euros, celui ci a été adjugé difficilement à l'estimation haute ( frais en sus ).Attribué à HACHE, il aurait quasiment doublé cette dernière.

Ce qu'il faut retenir :  

Cette expérience ( comme beaucoup d'autre ... ) montre qu'il faut lire très attentivement la description fournie par les catalogues de vente, et ne pas hésiter à poser des questions pertinentes en cas de doutes ou de renseignements incomplets. Voici comment était décrit cette pièce de mobilier ( decriptif figurant au catalogue ) :

 " Commode en placage de noyer de forme galbée toutes faces. Ouvrant par trois tiroirs sur trois rangs. Ornementations de bronze pour les entrées de serrures et poignées à décor de mufles de lion, coquilles et feuillages stylisés. Pieds cambrés terminés par des sabots fendus fleuris.Louis XV, probablement fabrication Dauphinoise, XVIII e.Haut. 89, Larg. 98, Prof 62 cm. (insolée, manques au plateau).Les sabots utilisés sont ceux employés par Pierre et Thomas Hache à Grenoble. Provenance : château de Touraine. Remerciements à MM. X et Y ( je masque ici volontairement les noms cités, qui sont des experts de renom ) de ces précisions. "

Attardons nous tout d'abord sur la description. Celle ci est relativement sommaire, comme c'est l'usage. Remarquez qu'un accent particulier est mis sur l'ornementation de bronzes, alors qu'il n'est à aucun moment question de la qualité du placage, ce qui attire déjà l'attention sur ces derniers, et les met en avant. Le suite de la description concerne l'époque qui, sans ambiguïté, est l'époque Louis XV, donc XVIII ème. En revanche, l'origine géographique est incertaine, puisqu'elle est "probablement dauphinoise". L'état est ensuite signalé.Là, le descriptif est plus que vague, puisque le placage de la commode est complètement soufflé, et que les manques du plateau signalés sont en fait l'absence complète de placage sur ce dernier ( voyez de quelle façon sont minimisées les choses ) !

Enfin, et voilà l'ambiguité que je tiens à dénoncer, car je la trouve plus que litigieuse, et très mal placée, la fameuse mention " les sabots utilisés sont ceux employés par Pierre et thomas HACHE " ! Si on lit bien le descriptif plus haut, on se rend compte que les bronzes sont contemporains de l'époque puisqu'ils sont décrit avant que cette dernière soit indiquée. On peut donc en déduire que si ces bronzes sont utilisés par les frères HACHE et sont " nés " avec la commode, cette dernière peut leur être attribuée. Le fin du fin étant les remerciements adressés aux experts ayant donné leur avis sur lesdits bronzes notamment.

Connaissant ce cabinet d'expertise, je les ai donc contacté. Surpris par ma démarche, l'un d'eux m'a fait part de sa stupeur de voir son nom cité dans le descriptif. Il m'a confié avoir émis un avis ( et juste un avis ) d'après des photos qui lui avait transmises l'étude par internet ....

Cet expert a fermement condamné cette pratique. En effet, son nom étant cité, sa responsabilité ( ou, tout du moins, le sérieux de son cabinet ) peut être engagée, alors que lui même n'a pas étudié le meuble en question comme il doit le faire lorsqu'il est mandaté en tand qu'expert pour une vente, et qu'il n'est pas en mesure de se porter garant des mentions figurant au catalogue. Il ajoute même que la pratique du commissaire priseur responsable est dangeureuse à ce titre, précisant cette étude y a recours très fréquemment.

Et effectivement, à la lecture de la liste des experts figurant dans les premières pages du catalogue ( car, je me répète, il s'agissait d'une vente cataloguée, donc dont les objets étaient garantis ), le cabinet concerné n'apparaît pas, ce qui signifie que la commode n'avait pas été expertisée, comme pratiquemment aucun des meubles figurant à cette vente !

Pourquoi procéder ainsi ? Deux raisons me viennent à l'esprit : soit les meubles ne valent pas une expertise ( soit parcequ'ils ont déjà été " vus " et sont plus ou moins litigieux soit parce que, dans le cadre d'une succession, les vendeurs n'ont pas voulu supporter le surcoût d'une telle démarche ), soit parce que l'étude ne veut pas se lancer dans des frais supplémentaires, estimant que la visite des lots suffit à se forger une opinion sur ces derniers.

J'attire également votre attention sur le fait, comme me le confiait cette semaine une très bonne antiquaire de ma région, que la majorité des objets présentés en vente catalogués ont été " placés " là par des professionnels qui ne sont pas arrivés à les vendre en boutique. Ces meubles ou objets d'art ont donc été déjà " vus et revus " en magasin ou sur des salons, et n'ont pas trouvé preneur, tand au niveau des professionnels que des particuliers, ce qui n'est pas franchement bon signe. Dans le cas présent, la mention " Provenance : château de Touraine " est plus que subjective ! En effet, ce bien peut provenir effectivement directement d'une telle demeure, ou avoir été acheté à cet endroit il y a 1 mois, 1 an ou 10 ans par un marchand, qui n'a pas pu le revendre, mais a un justificatif de provenance... Tout est sujet à caution ....

Bien évidemment, pour attirer badauds et amateurs, cette vente était proposée dans un cadre idyllique ( un château ) au cours d'une garden party, au sein de laquelle les personnels de l'étude étaient aux petits soins pour " mettre en condition " les acheteurs éventuels, vantant à tord en général les mérite de tel objet ou louant la rareté de tel meuble. Tout cela, bien évidemment, à grand renfort de publicité dans la presse spécialisée !

Pour ma part, j'ai dû contacter l'étude 5 fois par mail et 3 fois par téléphone avant que l'on me fasse parvenir l'intégralité des clichés que j'avais demandé, et que l'on me donne les éléments dont j'avais besoin pour me faire ma propre opinion sur la dite commode. Et ce n'est qu'au dernier appel que l'on m'a dit que l'expert avais émis un avis sur photo ! Un manque de spontanéité évident de la la part de l'étude que je déplore amèrement, et qui remet en cause la probité et le sérieux de cette dernière.

En conclusion, soyez tenace lors de vos investigations, et ne vous laissez pas " endormir " pas des descriptifs approximatifs, des descriptions approximatives ou des flatteries exacerbées !

Sachez que lorsqu'un expert est désigné sur une vente, son nom est cité au catalogue ( généralement, les n° des lots qu'il a expertisé sont précisés ), ce qui offre une garantie sur l'objet ou l'oeuvre qu'il a examiné. Contactez le pour savoir exactement dans quel état est l'objet que vous convoitez, il vous renseignera avec plaisir !

Quant à cette fameuse vente, montée de tout pièce, elle restera comme un bien mauvais souvenir ....

Et bizarement, deux autres lots, que j'avais misés, et qui bénéficiaient d'estimations relativement basses ( un marbre d'après CARPEAUX estimé 800 euros et un bronze de CHIPARUS estimé 2000 ), ne se sont pas vendus. Une personne de l'étude, contactée par téléphone à l'issue de la vente, m'a répondu, un peu gênée, que ces lots avaient été retirés à la demande du vendeur car les estimations étaient trop basses. Un problème d'indivision qui se passait mal m'a t elle expliqué, le vendeur en voulant respectivement 5000 et 10000 euros ( hé bien, quelles mauvaises estimations ... ). En fait, il est à parier que ces lots étaient placés là pour "faire le nombre " et attirer le client du fait de ces basses estimations, tout comme le reste d'ailleurs ( cadre idyllique, descriptions approximatives, personnel déférent et compatissant ) ....

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Je condamne fermement ces pratiques et vous invite à vous méfier de ces aubaines trop belles et de ces ventes faites dans des lieux prestigieux.

Rassurez vous cependant, toutes les études ne se fourvoient pas dans de telles pratiques. Des commissaires priseurs sérieux organisent régulièrement de bonnes ventes, sans prétention, et dans lesquelles vous trouverez des objets tout à fait honnêtes à prix raisonnables.

Je tiens à préciser que les pratiques déplorables d'une poignée de ces professionnels jette le discrédit sur la profession toute entière. Profession pour laquelle j'ai un profond respect, car fort heureusement, j'ai la majorité du temps affaire avec des personnes probes et honnêtes dont le seul objectif est de réaliser au mieux des ventes satisfaisant à la fois l'acquéreur et le vendeur.

20/06/2010

Une paire de marquises de Claude SENE

Bonjour,

Je vous présente au travers de cette note une très belle paire de sièges que j'avais repéré dans une vente non cataloguée. Il s'agit d'une paire de marquises, ces larges sièges, d'époque Louis XVI estampillés de Claude SENE. De très belle qualité, et dans un état de conservation quasi irréprochable, cette paire de sièges, modestement estimée 4/5000 euros, a été adjugée 20000 euros ( frais en sus de 22% environ ), ce qui fut largement au dessus de mes moyens.

 

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Je précise que les marquises sont des sièges rares , qui plus est en paire. En effet, on trouve généralement sous la dénominaton de marquises bon nombre de sièges modifiés, tels des canapés raccourcis ou des bergères agrandies. Dans ces deux cas, il est impératif d'étudier dans un premier temps le motif de la traverse avant des ceintures. Des motifs décentrés ou tronqués doivent éveillés vos soupçons, de même que des traces de coupes. N'hésitez pas à retourner le siège. Ainsi, si vous êtes en présence d'un canapé raccourci , vous trouverez trace de cette modification. L'examen du chevillage et de la patine de l'intérieur de cette ceinture sera déterminant. En cas de bergère élargie, vous trouverez des parties de traverses rapportées tand sur le dossier que sur la ceinture du siège.

Dans le cas des sièges présentés, il s'agissait sans aucun doute d'une vraie paire de marquises, ce qui explique le montant atteint. Le décor était d'un grand classicisme, était très fin et parfaitement exécuté. Les proportions était quant à elles parfaites, ce qui donnait un bel équilibre à ces sièges. L'estampille d'un grand maître menuisier n'était pas non plus étrangère à ce résultat. Chez un bon antiquaire, une telle paire de sièges oscille entre 30 et 40 000 euros. De quoi faire rêver !