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08/10/2010

Un guéridon d'époque Louis XVI en acajou à plateau de marbre pivotant

Je vous présente dans cette note un des derniers venus à mon domicile.

Il s'agit d'un guéridon en acajou et placage d'acajou à plateau basculant en marbre d'époque Louis XVI.

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Ce type de meuble était omniprésent dans les intérieurs du XVIII ème siècle. Pratique, il permettait de servir tout à la fois de table d'appoint, de meuble de présentation, de table de service ... Le plateau, monté sur pivot, peut être rabattu, réduisant ainsi l'encombrement et rendant le meuble à la fois maniable et décoratif, ce qui  était apprécié dans les intérieurs feutrés des grandes demeures bourgeoises.

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Si, sur ce type de meuble, il n'est pas rare de trouver des plateaux en bois, celui ci est recouvert d'un plateau en marbre blanc veiné, ceint d'une très belle galerie en laiton ajouré, ce qui n'est pas fréquent.

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Le plateau est biaisé sur son pourtour, au revers, ce qui atteste d'une fabrication du XVIII ème siècle, tout comme l'assemblage des planches constituant le support sur lequel est enchassé le marbre.

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Le fût supportant ce plateau est à balustre, ce qui est également particulier. En effet, les modèles classiques sont plus couramment montés sur un fût cannelé.

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Les pieds sont quant à eux creusés d'une large cannelure. Ils sont munis de roulettes, qui ont été rapportées. Ils sont fixés au fût par des queues d'arondes. Détail important, et signe de qualité, une petite languette en acajou a été insérée à l'extrêmité de chaque pied, afin de la caler dans le fût, et de masquer ainsi le raccord. Tous ces éléments sont typiques des montages du XVIII ème siècle.

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Afin de pouvoir faire pivoter le plateau, un mécanisme a été positionné sous celui-ci.Un poussoir permet de le déverrouiller , en retirant la targette engagée dans la tablette fixée sur la tête du fût. Dans cette tablette est fixée un axe permettant au plateau de pouvoir pivoter et de se positionner à la verticale. 

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Les dimensions sont les suivantes :  hauteur 105 cm (plateau en position " cible " ) ou 72 cm ( plateau en position horizontale )/ profondeur 49 cm / diamètre du plateau : 65 cm.

Ce meuble est en très bon état. Il a subi quelques restaurations d'usage, comme il se doit.

Si vous souhaitez plus d'information ou de précision au sujet de cette note, n'hésitez pas à me contacter par e-mail à l'adresse figurant dans la colonne de gauche.

Bonne journée à tous et à toutes !

05/10/2010

Vive les ventes de rentrée !

Bonjour,

me voici de retour après cette longue période estivale et une rentrée difficile.

Je vous présente une sélection de meubles issue de ventes publiques récentes, et pour lesquels j'ai eu un coup de coeur.

Récemment, passait en vente chez Christie's une (fausse) paire de tables à écrire.L'une était estampillée de DUSSAUTOY, et l'autre de SAUNIER. Bien que de facture classique, cette paire de meubles a été vendue 8937 euros frais inclus, sur une estimation haute de 3000. Comme me l'a confirmé l'expert, avec lequel je me suis entretenu, les amateurs d'estampilles s'en sont donné à coeur joie, supplantant ainsi l'intérêt et les qualités intrinsèques de ces meubles, d'où le beau résultat.

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Table de DUSSAUTOY

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Table de SAUNIER

J'ai également essayé d'acquérir deux meubles d'un bon ébéniste parisien, cependant assez méconnu, puisqu'il s'agit de Claude Mathieu MAGNIEN. Une table à écrire en acajou a d'abord suscité mon intérêt, mais elle s'est échangée à hauteur de 2500 euros, ce qui me semblait un peu cher vu la conception classique du meuble.

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Table à écrire de MAGNIEN

Plus récemment, c'est un secrétaire de ce maître qui a attiré mon attention, et plus exactement la forme assez particulière de la traverse supérieure de l'abattant, qui épousait la forme de l'entrée de serrure, ainsi que les montants à pans coupés cannelés . Malheureusement pour moi, si l'estimation était modeste ( 1200/1500 euros ), l'état nécessitait de lourdes et onéreuses réparations ( panneaux et vantaux fendus, marbre à restaurer, serrures à remplacer ... ), et j'ai du renoncer à placer une offre. Il a tout de même trouvé preneur à 2340 euros.

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Secrétaire de MAGNIEN 

 

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Toujours dans cette catégorie, j'avais repéré un secrétaire estampillé de DUBUT décoré d'une très belle marquetterie de bouquets de fleurs et de trophées de chasse. Malgré la nécessité d'une remise en état complète, il a été adjugé 3300 euros, soit juste au dessus de mon offre.

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 Secrétaire en marquetterie estampillé DUBUT

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Enfin, dernier regret et non des moindres, puisque ce meuble a été acquis par un antiquaire de ma région, ce très rare chiffonnier que l'on m'avait signalé. Il est galbé et plaqué toutes faces, et son plateau est à cuvette. Les arrêtes sont également plaquées, ce qui signifie qu'il s'agit là d'un meuble de qualité. Les côtés et le plateau présentent des réserves. Les deux tiroirs du bas sont en fait simulés et ouvrent sur un caisson fermant avec deux pennes : l'un montant dans la traverse du tiroir qui le surplombe, l'autre descendant dans la traverse inférieure du meuble. Enfin, les tiroirs, à recouvrement, sont fabriqués en utilisant du chêne à maillage très fin et très serré, ce qui est également un signe de grande qualité. Les dimensions de ce meuble sont également atypiques, puisqu'il s'agit d'un grand modèle  ( 8 7 cm de haut ). Un bien beaun meuble, qui a été adjugé 7300 euros , sur une estimation de 2/3000. Cela confirme l'impression des deux experts que j'ai rencontré, et qui n'avaient jamais croisé ce type de meuble, pensant à un meuble de commande.

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30/06/2010

Coup de gueule contre certaines pratiques des salles des ventes.

Au travers de cette note, je pousse un vrai " coup de gueule " ( ce qui est rare de ma part ) contre certaines pratiques des commissaires priseurs. Je vous laisse juger la raison de mon courroux.

Dans une vente cataloguée ( je dis bien cataloguée, ce qu'il est important de retenir, car la responsabilité de divers intervenants est engagée dans ce cas ), j'avais repéré une commode d'époque Louis XV tout à fait atypique, qui m'intéressait bien.

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Présentée comme étant un travail du dauphinois, elle était en placage de bois de bout ( chant du plateau ) et bois indigène, certainement du frêne et du noyer. Cette commode avait comme particularités une singulière ornementation de bronze ( mufles de lion, sabots fendus, feuillage et ce que je pense être des ailes de chauve souris ) et une petite taille ( 98 cm ) . Renseignements pris auprès de l'étude proposant ce meuble, on m'apprit que les sabots de la commode étaient du même modèle que ceux utilisés par la dynastie des HACHE à GRENOBLE.

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Cependant, cette commode ne leur était pas attribuée, ce qui m'a paru étrange. Elle présentait en revanche bien des atouts malgré son état épouvantable . En effet, sa remise en état nécessitait un complet déplacage et un replacage intégral du plateau, cette dernière partie ayant été anciennement remplacée par un cuir.

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Après de minutieuses recherches, je n'ai trouvé aucun meuble proche exécuté par les HACHE. Je n'ai pas réussi à savoir de quel bois était fait le bâti, ce qui aurait pu constituer un indice important pour identifier une origine géographique. Certaines caractéristiques ( galbe, placage, bronzes prolifiques ), m'ont permis de m'orienter vers un travail étranger, très certainement italien, ce qui change beaucoup de choses quant à la valeur de ce meuble.

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Estimé 5/6000 euros, celui ci a été adjugé difficilement à l'estimation haute ( frais en sus ).Attribué à HACHE, il aurait quasiment doublé cette dernière.

Ce qu'il faut retenir :  

Cette expérience ( comme beaucoup d'autre ... ) montre qu'il faut lire très attentivement la description fournie par les catalogues de vente, et ne pas hésiter à poser des questions pertinentes en cas de doutes ou de renseignements incomplets. Voici comment était décrit cette pièce de mobilier ( decriptif figurant au catalogue ) :

 " Commode en placage de noyer de forme galbée toutes faces. Ouvrant par trois tiroirs sur trois rangs. Ornementations de bronze pour les entrées de serrures et poignées à décor de mufles de lion, coquilles et feuillages stylisés. Pieds cambrés terminés par des sabots fendus fleuris.Louis XV, probablement fabrication Dauphinoise, XVIII e.Haut. 89, Larg. 98, Prof 62 cm. (insolée, manques au plateau).Les sabots utilisés sont ceux employés par Pierre et Thomas Hache à Grenoble. Provenance : château de Touraine. Remerciements à MM. X et Y ( je masque ici volontairement les noms cités, qui sont des experts de renom ) de ces précisions. "

Attardons nous tout d'abord sur la description. Celle ci est relativement sommaire, comme c'est l'usage. Remarquez qu'un accent particulier est mis sur l'ornementation de bronzes, alors qu'il n'est à aucun moment question de la qualité du placage, ce qui attire déjà l'attention sur ces derniers, et les met en avant. Le suite de la description concerne l'époque qui, sans ambiguïté, est l'époque Louis XV, donc XVIII ème. En revanche, l'origine géographique est incertaine, puisqu'elle est "probablement dauphinoise". L'état est ensuite signalé.Là, le descriptif est plus que vague, puisque le placage de la commode est complètement soufflé, et que les manques du plateau signalés sont en fait l'absence complète de placage sur ce dernier ( voyez de quelle façon sont minimisées les choses ) !

Enfin, et voilà l'ambiguité que je tiens à dénoncer, car je la trouve plus que litigieuse, et très mal placée, la fameuse mention " les sabots utilisés sont ceux employés par Pierre et thomas HACHE " ! Si on lit bien le descriptif plus haut, on se rend compte que les bronzes sont contemporains de l'époque puisqu'ils sont décrit avant que cette dernière soit indiquée. On peut donc en déduire que si ces bronzes sont utilisés par les frères HACHE et sont " nés " avec la commode, cette dernière peut leur être attribuée. Le fin du fin étant les remerciements adressés aux experts ayant donné leur avis sur lesdits bronzes notamment.

Connaissant ce cabinet d'expertise, je les ai donc contacté. Surpris par ma démarche, l'un d'eux m'a fait part de sa stupeur de voir son nom cité dans le descriptif. Il m'a confié avoir émis un avis ( et juste un avis ) d'après des photos qui lui avait transmises l'étude par internet ....

Cet expert a fermement condamné cette pratique. En effet, son nom étant cité, sa responsabilité ( ou, tout du moins, le sérieux de son cabinet ) peut être engagée, alors que lui même n'a pas étudié le meuble en question comme il doit le faire lorsqu'il est mandaté en tand qu'expert pour une vente, et qu'il n'est pas en mesure de se porter garant des mentions figurant au catalogue. Il ajoute même que la pratique du commissaire priseur responsable est dangeureuse à ce titre, précisant cette étude y a recours très fréquemment.

Et effectivement, à la lecture de la liste des experts figurant dans les premières pages du catalogue ( car, je me répète, il s'agissait d'une vente cataloguée, donc dont les objets étaient garantis ), le cabinet concerné n'apparaît pas, ce qui signifie que la commode n'avait pas été expertisée, comme pratiquemment aucun des meubles figurant à cette vente !

Pourquoi procéder ainsi ? Deux raisons me viennent à l'esprit : soit les meubles ne valent pas une expertise ( soit parcequ'ils ont déjà été " vus " et sont plus ou moins litigieux soit parce que, dans le cadre d'une succession, les vendeurs n'ont pas voulu supporter le surcoût d'une telle démarche ), soit parce que l'étude ne veut pas se lancer dans des frais supplémentaires, estimant que la visite des lots suffit à se forger une opinion sur ces derniers.

J'attire également votre attention sur le fait, comme me le confiait cette semaine une très bonne antiquaire de ma région, que la majorité des objets présentés en vente catalogués ont été " placés " là par des professionnels qui ne sont pas arrivés à les vendre en boutique. Ces meubles ou objets d'art ont donc été déjà " vus et revus " en magasin ou sur des salons, et n'ont pas trouvé preneur, tand au niveau des professionnels que des particuliers, ce qui n'est pas franchement bon signe. Dans le cas présent, la mention " Provenance : château de Touraine " est plus que subjective ! En effet, ce bien peut provenir effectivement directement d'une telle demeure, ou avoir été acheté à cet endroit il y a 1 mois, 1 an ou 10 ans par un marchand, qui n'a pas pu le revendre, mais a un justificatif de provenance... Tout est sujet à caution ....

Bien évidemment, pour attirer badauds et amateurs, cette vente était proposée dans un cadre idyllique ( un château ) au cours d'une garden party, au sein de laquelle les personnels de l'étude étaient aux petits soins pour " mettre en condition " les acheteurs éventuels, vantant à tord en général les mérite de tel objet ou louant la rareté de tel meuble. Tout cela, bien évidemment, à grand renfort de publicité dans la presse spécialisée !

Pour ma part, j'ai dû contacter l'étude 5 fois par mail et 3 fois par téléphone avant que l'on me fasse parvenir l'intégralité des clichés que j'avais demandé, et que l'on me donne les éléments dont j'avais besoin pour me faire ma propre opinion sur la dite commode. Et ce n'est qu'au dernier appel que l'on m'a dit que l'expert avais émis un avis sur photo ! Un manque de spontanéité évident de la la part de l'étude que je déplore amèrement, et qui remet en cause la probité et le sérieux de cette dernière.

En conclusion, soyez tenace lors de vos investigations, et ne vous laissez pas " endormir " pas des descriptifs approximatifs, des descriptions approximatives ou des flatteries exacerbées !

Sachez que lorsqu'un expert est désigné sur une vente, son nom est cité au catalogue ( généralement, les n° des lots qu'il a expertisé sont précisés ), ce qui offre une garantie sur l'objet ou l'oeuvre qu'il a examiné. Contactez le pour savoir exactement dans quel état est l'objet que vous convoitez, il vous renseignera avec plaisir !

Quant à cette fameuse vente, montée de tout pièce, elle restera comme un bien mauvais souvenir ....

Et bizarement, deux autres lots, que j'avais misés, et qui bénéficiaient d'estimations relativement basses ( un marbre d'après CARPEAUX estimé 800 euros et un bronze de CHIPARUS estimé 2000 ), ne se sont pas vendus. Une personne de l'étude, contactée par téléphone à l'issue de la vente, m'a répondu, un peu gênée, que ces lots avaient été retirés à la demande du vendeur car les estimations étaient trop basses. Un problème d'indivision qui se passait mal m'a t elle expliqué, le vendeur en voulant respectivement 5000 et 10000 euros ( hé bien, quelles mauvaises estimations ... ). En fait, il est à parier que ces lots étaient placés là pour "faire le nombre " et attirer le client du fait de ces basses estimations, tout comme le reste d'ailleurs ( cadre idyllique, descriptions approximatives, personnel déférent et compatissant ) ....

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Je condamne fermement ces pratiques et vous invite à vous méfier de ces aubaines trop belles et de ces ventes faites dans des lieux prestigieux.

Rassurez vous cependant, toutes les études ne se fourvoient pas dans de telles pratiques. Des commissaires priseurs sérieux organisent régulièrement de bonnes ventes, sans prétention, et dans lesquelles vous trouverez des objets tout à fait honnêtes à prix raisonnables.

Je tiens à préciser que les pratiques déplorables d'une poignée de ces professionnels jette le discrédit sur la profession toute entière. Profession pour laquelle j'ai un profond respect, car fort heureusement, j'ai la majorité du temps affaire avec des personnes probes et honnêtes dont le seul objectif est de réaliser au mieux des ventes satisfaisant à la fois l'acquéreur et le vendeur.

20/06/2010

Une paire de marquises de Claude SENE

Bonjour,

Je vous présente au travers de cette note une très belle paire de sièges que j'avais repéré dans une vente non cataloguée. Il s'agit d'une paire de marquises, ces larges sièges, d'époque Louis XVI estampillés de Claude SENE. De très belle qualité, et dans un état de conservation quasi irréprochable, cette paire de sièges, modestement estimée 4/5000 euros, a été adjugée 20000 euros ( frais en sus de 22% environ ), ce qui fut largement au dessus de mes moyens.

 

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Je précise que les marquises sont des sièges rares , qui plus est en paire. En effet, on trouve généralement sous la dénominaton de marquises bon nombre de sièges modifiés, tels des canapés raccourcis ou des bergères agrandies. Dans ces deux cas, il est impératif d'étudier dans un premier temps le motif de la traverse avant des ceintures. Des motifs décentrés ou tronqués doivent éveillés vos soupçons, de même que des traces de coupes. N'hésitez pas à retourner le siège. Ainsi, si vous êtes en présence d'un canapé raccourci , vous trouverez trace de cette modification. L'examen du chevillage et de la patine de l'intérieur de cette ceinture sera déterminant. En cas de bergère élargie, vous trouverez des parties de traverses rapportées tand sur le dossier que sur la ceinture du siège.

Dans le cas des sièges présentés, il s'agissait sans aucun doute d'une vraie paire de marquises, ce qui explique le montant atteint. Le décor était d'un grand classicisme, était très fin et parfaitement exécuté. Les proportions était quant à elles parfaites, ce qui donnait un bel équilibre à ces sièges. L'estampille d'un grand maître menuisier n'était pas non plus étrangère à ce résultat. Chez un bon antiquaire, une telle paire de sièges oscille entre 30 et 40 000 euros. De quoi faire rêver !

03/06/2010

La plus grande commode du XVIII ème siècle français...

A l'occasion d'une visite sur le site du musée des arts décoratifs de Paris, je suis tombé sur un article à propos d'une superbe commode d'époque Régence présentée comme étant le plus grand spécimen de ce type de meuble construit en France au XVIII ème siècle.

Je vous laisse juger de la qualité de cette commode, et lire l'article s'y rapportant.

 

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Commode double à armoires d’encoignure

Paris, vers 1725
Bâti en chêne et résineux, placage de palissandre et noyer ondé, bronze doré, marbre de Rance
H. 84 ; L. 282 ; pr. 82,5
Achat grâce au Fonds du Patrimoine, 2006
Inv. 2006.1.1

Cette commode, destinée à une chambre de parade, est extraordinaire à plus d’un titre. Sa taille imposante en fait sans doute la plus grande commode du XVIIIe siècle français : elle mesure près de trois mètres de long, alors qu’une commode de belle qualité dépasse rarement la moitié ! Son plateau de marbre de Rance, d’une seule pièce, est à lui seul un tour de force ; sa découpe puissamment moulurée suit le mouvement en arbalète de la façade qui se poursuit sur les côtés. Le meuble ne repose que sur quatre pieds, crânement campés dans des sabots de bronze doré à pattes d’ours, dont les griffes s’étalent largement sur le sol ! Sa structure n’est pas moins exceptionnelle : le bâti de cette « commode double » comporte quatre tiroirs répartis sur deux rangs, séparés par un trumeau central, et encadrés aux deux extrémités de deux petites « armoires d’encoignure » ouvrant à un battant. Réalisée sous la Régence, elle ne porte pas d’estampille, et cela ne doit pas étonner : bien que théoriquement obligatoire depuis 1637, cette marque frappée au fer ne se répandit auprès des ébénistes que timidement dans les années 1720. La présence de vantaux latéraux rattacherait cette commode à l’œuvre de Charles Cressent (1685-1767) qui employa plus que tout autre ce type de construction. Toutefois aucun des bronzes propres à son atelier, dont les modèles étaient jalousement conservés par le sculpteur-ébéniste, ne se retrouve sur ce meuble. Faut-il plutôt voir une création d’Antoine-Robert Gaudreaus (v. 1682-1746) ? Cet ébéniste du roi s’était fait une spécialité des commodes doubles, comme le médailler « en forme de commode », livré pour le cabinet intérieur du roi à Versailles en 1738 (musée national du château de Versailles). Par ailleurs, comme Cressent, il réalisa des meubles à armoires latérales, telle la commode de la chambre de Louis XV à Versailles, livrée en 1739 (Londres, Wallace Collection). Précurseur des exemples cités, la commode du musée évoque peut-être plus encore, par l’emploi du frisage en mosaïque de palissandre, l’œuvre d’un troisième ébéniste, Étienne Doirat, dont la carrière s’arrêta plus tôt (il mourut en 1732). Comme son auteur, sa provenance reste incertaine. Fut-elle créée pour Marie-Anne de Bourbon, princesse de Conti, fille légitimée de Louis XIV, ainsi que le laisse penser l’inventaire de son hôtel dressé en 1739, où figure « une grande commode en deux corps de bois de palissandre de neuf pieds de long [2,92 m] à deux tiroirs de chaque côté avec un dessus de marbre Rance regnant sur lesd. deux corps […] » ? Seule l’absence des armoires latérales laisse planer un doute sur cette identification. En revanche la commode fut acquise en 1836 par la vicomtesse Alfred de Noailles dont l’achat témoigne du goût « antiquaire » naissant pour le mobilier du XVIIIe siècle. Elle figurait dans l’antichambre de l’hôtel familial de la rue d’Astorg au moment du décès de Léontine de Noailles, selon l’inventaire établi en 1851. Quels qu’en soient l’auteur et le commanditaire, cette commode marque une étape majeure dans l’histoire du meuble emblématique du siècle des Lumières.

B. R.

Le Cabinet de l’amateur, catalogue d’exposition, Orangerie des Tuileries, 1956, n°221, p. 65
Bertrand Rondot, « Une exceptionnelle commode entre dans les collections du musée des Arts décoratifs », Revue du Louvre, n°4, octobre 2006.

Je ne peux que trop vous conseiller, sinon d'aller visiter le musée des arts décoratifs de Paris, de découvrir le site qui lui est consacré à cette adresse :

http://www.lesartsdecoratifs.fr/francais/